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Thursday

ebook - livre numérique - critiques - François Mitterrand - Jack Lang

Le 10 mai 1980 retentit comme un coup de tonnerre en France : un nouveau président prend la place de Valery Giscard d’Estaing, l’homme du « monopole du coeur ». Ce n’est qu’entre 1988 et 1989 que le groupe éditorial Média Participations, aujourd’hui largement spécialisé dans la bande dessinée, rachètera les éditions Dargaud. Entre l’élection de François Mitterrand et cette acquisition, il pourrait n’y avoir à peu près aucun lien. Pourtant, quand on écoute certains sages…    Créée en 1936, la maison Dargaud comptait parmi ses fleurons Boule et Bill, le petit garçon et son cocker, nés de l’imaginaire de Jean Roba, ou encore Lucky Luke, de Morris. Les premiers virent le jour en 1959, le lonesome cowboy en 1946 – dans un numéro hors-série de Spirou. Et l’un des derniers venus, que l’on doit à Greg, fit son apparition dans le magazine Pilote : Achille Talon naquit un mardi matin (ou un dimanche, selon certains) de 1963. Achille a une certaine parenté avec Monsieur Poche, que l’on doit au dessinateur Alain Saint-Ogan – une parenté toute physique, énorme ventre, gros nez, et sociale.  Ces trois héros faisaient les grands jours de l’éditeur, qui comptait également dans son catalogue un irréductible petit Gaulois, blondinet et teigneux : Astérix.  Les chars russes aux portes de Paris Mais revenons au 21e président de la Ve République, François Maurice Adrien Marie Mitterrand, originaire de Jarnac, et sans aucun lien parenté avec le créateur d’Achille Talon, Michel Greg, qui était originaire de Belgique, né à Ixelles en 1931. Mais Michel, se souviennent certaines mémoires de l’édition, n’était pas vraiment un homme de gauche. Si pour Jack Lang, le jour du 10 mai, « la France est passée de l’ombre à la lumière », Greg aurait plutôt eu tendance à prendre ses cliques et ses claques, et quitter le pays. Autant Hergé avait su tirer profit d’un certain anticommunisme en expédiant son petit reporter chez les Soviets, autant Greg était convaincu : avec l’élection de François Mitterrand, les chars russes n’étaient plus qu’à une portée de canon, et que la capitale française serait bientôt assiégée par des hordes de bolcheviques, couteau entre les dents. Achille Talon était ce genre de héros que l’on classe dans les libéraux bien conservateurs – par opposition à Lefuneste, qui écope même de cette tragique injure, dans l’album Viva papa, « communiste »… Greg avait d’ailleurs pris l’habitude de dire, en référence à sa propre corpulence qui avait largement évolué, qu’il avait commencé comme Lefuneste, maigrelet, et finissait sa vie comme Achille, un peu enrobé.  En ce temps, la crainte de voir les communistes accéder au pouvoir, par l’intermédiaire de François Mitterrand, était largement partagée, notamment parce que ce dernier a fait alliance avec le Parti communiste français. Jean d’Ormesson avait, à l’époque, parlé de futures milices policières, qui seraient de « comités maoïstes de quartier ». Il entrevoyait déjà les « cortèges derrière les drapeaux rouges », dans les rues de la capitale… Il faut reconnaître que la Guerre froide se réchauffait à peine, que le monde des Rouges filait des nuits blanches aux uns et aux autres. (voir Fluctuat</

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