Paris, 1983. Jeune auditeur au Conseil d’Etat affecté à la commission des recours des réfugiés et, à ce titre, chargé d’apprécier les dossiers des demandeurs, François Sureau eut un jour à émettre un avis sur la demande d’un réfugié politique basque. Arrivé en France en 1969, fuyant la justice franquiste, Javier Ibarrategui avait-il à y demeurer, protégé par le droit d’asile, alors même qu’entre-temps l’Espagne s’était convertie à la démocratie ? Les strictes règles du droit incitèrent le jeune juriste à se prononcer pour un retour de l’ancien activiste dans son pays d’origine. Quelques mois plus tard, à Pampelune, Ibarrategui fut exécuté par un commando paramilitaire lié à l’ancienne police franquiste. C’est sans hausser le ton, mais avec, dans la voix, sobres autant qu’obstinées, les inflexions mêlées du chagrin et du remords que François Sureau revient sur ce moment. Considérant, non sans détresse, le jeune homme qu’il était alors, trop vert, trop sûr de lui, trop persuadé que droit et justice ne peuvent qu’être synonymes. Demeuré indifférent aux multiples signaux qui eurent dû l’alerter du drame à venir. Habité, depuis lors, par l’intranquillité, l’obsession de la responsabilité. — Na.C. | Ed. Gallimard | 64 p., 7,50 €.
Prix : 5.49 €
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